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Mercredi 19 novembre 2014

L’Ecriture pour les juifs

La Torah écrite (Torah ché biktav)
De nombreux écrits, formant un ensemble de textes religieux rédigés en hébreu et qui nous est parvenu sous la forme de copies, composent la Bible hébraïque nommée TaNaKh.


Elle est constituée de 24 livres. La majorité est rédigée en Hébreu, langue sémitique parlée dès l'Antiquité au Moyen-Orient, au Proche-Orient, formée par la prédominance de racines trilitères et par l'usage de consonnes laryngales, gutturales et emphatiques.
Ce mot T.N.Kh / תנ״ך est l’abréviation des noms en hébreu des 3 parties qui le composent la bible juive : Torah (la Loi), Neviim (les Prophètes), Ketouvim (les Écrits).
La TORAH תורה
L’hypothèse documentaire prétent qu’il existe 4 sources à l’origine du texte du Pentateuque : La source Elohiste (E), la source yahviste ou jahviste (J), la source deutéronomiste (D) et la source sacerdotale (P).
L’appellation de la source Elohiste provient du nom de Dieu, Elohim. Il trouve là une conception abstraite de Dieu, l'utilisation de "Horeb" au lieu de "Sinaï" pour nommer la montagne sur laquelle Moïse a reçu la Loi d'Israël et l'expression « crainte de Dieu ». Elle se localise dans le Nord d’Israel spécialement à Éphraïm, là où l'hypothèse documentaire suppose qu'elle devrait avoir été composées, probablement dans la seconde moitié du IXe siècle av E.C.
La source yahviste a été constituée par l'addition des histoires et traditions diverses entourant le royaume de Juda et ses tribus associées (Lévi, Siméon, Ruben…) et par leur fusion en un seul texte. Dans ce document, le nom de Dieu est toujours présenté sous la forme du tétragramme YHWH. (J) présente une fascination pour les traditions entourant Juda, y compris en ce qui concerne ses relations avec son voisin Edom. (J) soutient la cause du royaume de Juda contre celle du royaume d'Israël. Elle fait l'éloge des prêtres descendants d'Aaron qui ont été établis à Jérusalem, la capitale du royaume de Juda.
Les deutéronomistes (D) n'ont pas inventé de toutes pièces l'histoire allant de Moïse jusque la fin de la monarchie. Ils ont intégré des documents plus anciens qu'ils retouchèrent plus ou moins allant de la copie pure et simple à la critique. Pour le récit de la Conquête, ils n'avaient pas de documents à disposition sauf peut-être quelques traditions orales liées à Jéricho. Inspiré des récits de conquêtes assyriens, il est probable que la présentation de l'installation soit l'invention des scribes de Josias.Les Juges ont sans doute intégré et amplifié un "livre de sauveurs" qui a vu le jour dans le royaume du Nord. De même les livres de Samuel, les Deutéronomistes ont très certainement utilisé un "récit de l'ascension de David" qui ne datent pas de l'époque de David lui-même.
La source sacerdotale est largement à l'origine du livre du Lévitique. (P) insiste sur le point de vue des prêtres et d'Aaron, et indique toujours la présence de ce dernier lorsque Moïse accomplit quelque chose au nom de Dieu, suggérant que le bon déroulement des miracles est dû autant à l'un qu'à l'autre. (P) tente aussi parfois de dénigrer la capacité de Moïse à assumer ses fonctions de dirigeant.
Cette source est reconnaissable par la répétition de listes, par de longues et laborieuses interruptions du récit, par des descriptions froides et sans émotion, et globalement par une qualité littéraire assez faible.
(P) évoque Dieu sous les termes Elohim ou El Shaddai, et le traite comme un être transcendantal et distant n'agissant que par l'intermédiaire des prêtres, par opposition au document jahviste. Dans la source sacerdotale, si Dieu est juste, Il est aussi sans pitié (contrairement aux autres sources), et applique des punitions brutales et sévères. (P) est considéré par la majorité des chercheurs comme particulièrement inélégant, et la plupart estiment en conséquence pouvoir reconnaître un texte de P du premier regard.
Quelques reconstructions récentes abandonnent complètement la source Élohiste et proposent une séquence Deutéronome (D) - Document jahviste (J) - Document sacerdotal (P) écrite à partir du règne de Josué jusqu'au temps post-exiliques.

A retenir :
בראשית Béréchit / Genèse : Début de rédaction vers la fin du VIIIe siècle av. E.-C., puis ajouts et retouches du texte jusqu'au IIIe siècle av. E.-C.
שמות Chémot/Exil : Certains récits de l'Exode remontent au VIIIe siècle av. E.-C. Ces textes sont retravaillés et complétés à partir du VIe siècle av. E.-C.
ויקר VaYiQra/Lévitique : Ve siècle av. E.-C., se basant sur des sources plus anciennes
במדבר BaMidbar / Nombres : VIIIe siècle av. E.-C. Ces textes sont retravaillés et complétés à partir du VIe siècle av. E.-C.
דברים DeVarim / Deutéronome : fin du VIIIe siècle av. E.-C., ensuite intégrées à partir du règne de Josias (VIIe siècle av. E.-C.)

Névi’im נביאים
Traditionnellement, les Juifs découpent les Nevi'im en deux groupes de livres : les Neviim rishonim « Prophètes antérieurs » comprenant les livres de Josué, Juges, Samuel et les Rois, et les Neviim aharonim « Prophètes postérieurs » comprenant Isaïe, Jérémie, Ézéchiel et les livres des douze « petits prophètes ».
Les spécialistes estiment en général que le corpus des Nevi'im est achevé vers le IIème siècle av E.-C.

Ketouvim כתובי
Les Ketouvim constituent la troisième et dernière partie du Tanakh, et ne sont établis définitivement qu'au début du IIe siècle. Ils sont de styles et de natures très différents, et on peut estimer qu'ils « constituent en quelque sorte un véritable condensé de la littérature juive de l'époque hellénistique ».
Parmi eux se retrouvent des livres de sagesse (Proverbes, Job et Ecclésiaste) qui s'inspirent grandement de la littérature des voisins de Juda, à savoir : la Mésopotamie, Ougarit et l'Égypte.
Les juifs lisent la Torah (du moins pour l'usage rituel) dans un rouleau. La division en chapitres et versets n'a donc aucune signification dans la tradition juive, qui divise la Torah en parashiot (péricopes, sections), elles-mêmes divisées en sept parties thématiques, et les autres Livres selon les épisodes narratifs. Elle a néanmoins été ajoutée dans la plupart des éditions modernes du Tanakh.
La Torah comporte 304 805 lettres, 79 847 mots, 5 845 versets.
L'idée d'un canon de la Bible hébraïque ne s'impose qu'après le Synode de Jamnia, à la fin du Ier siècle ap E.C., après la destruction du Second Templ. Auparavant, le concept d'une liste close des livres est inconcevable. En revanche, le processus de canonisation semble avoir été un processus ouvert.
Un peu d’histoire …
Cette Bible hébraïque est traduite en grec à partir du milieu du IIIe siècle avant l’ère commune, en commençant par le Pentateuque (Torah). Cette traduction grecque qui va durée 4 siècles, connue sous le nom de Septante, aurait été réalisée par 72 (septante-deux) savants/traducteurs juifs à Alexandrie, vers 270 av. E.C., à la demande de Ptolémée II. Elle fut largement utilisée par la communauté juive d'Égypte.
Au fil du temps et durant deux siècles et demi, elle s'étoffe d'autres livres comme les Psaumes, Ezéchiel, Jérémie. Vers 132 av. E-C., la Loi et les Prophètes sont déjà traduits en grec. D'autres livres (notamment les Écrits) sont ensuite encore traduits de l'hébreu, mais certains livres sont aussi directement rédigés en grec, si bien que les textes religieux en hébreu et en grec divergent.
Jusqu'au 1er siècle, la Bible de tous est la Septante (même si des éditions en hébreu différentes du texte proto-massorétique, comme le montrent les rouleaux de Qumran). C'est elle qui donnera l'Ancien Testament des chrétiens. Le texte massorétique actuel est contemporain de l'écriture de la Mishna, c'est-à-dire le fruit du travail des docteurs du IIème siècle quoiqu'un texte proto-massorétique soit connu dès 150 avant l'ère commune.
Beaucoup de Juifs ne parlaient plus l’hébreu. Au 1er siècle ap. E.C., des groupes de massorètes à Babylone et en Israël ajoutèrent des signes diacritiques aux consonnes pour indiquer l’accentuation correcte et la bonne vocalisation. Ils ont également mis en place un système complexe de signes servant à la fois de ponctuation et de guide phonétique. Au moins trois systèmes furent élaborés, mais la primauté revint à celui des massorètes de Tibériade, près de la mer de Galilée, patrie des Ben Asher. L’essor massorétique s’effectua alors que le judaïsme était empêtré dans une lutte idéologique. Le rabbinisme avait étendu son emprise. La rédaction du Talmud et les interprétations rabbiniques de la loi orale avaient commencé à reléguer le texte biblique au second plan.
Ce travail de grammairiens (la vocalisation enregistre diverses prononciations possibles) se poursuit jusqu'au Xe siècle - le manuscrit de Saint-Pétersbourg (Codex Leningradensis) qui date du Xe siècle et sert de base aux bibles d'étude en hébreu, est un témoin de ce travail. C’est Aaron ben Moïse Ben Asher qui innova en regroupant le résultat des travaux et en les publiant dans le "Dikdouké hateamim", le premier livre fixant les règles grammaticales de l’hébreu. Cet ouvrage devint la référence des grammairiens hébreux pendant des siècles. Mais cette œuvre n’est que le corollaire d’un travail plus important réalisé par les massorètes.
Après le synode de Jamnia (ou synode de Yavne se réfère à un synode proto-rabbinique sous le leadership de Yohanan qui était responsable de la définition du canon de la Bible hébraïque), le milieu rabbinique tannaïte (période qui commence à l’ère d’Hérode jusqu’à 220 après l’ère comune) qui a rédigé la Mishna, se vit comme l'héritier naturel de toutes les traditions antérieures, qu'elles soient saducéennes, esséniennes ou, bien évidemment, pharisiennes.
On assiste donc à une méfiance envers les textes grecs et à un retour à l'hébreu.
Au IIème siècle ap. E.C., des lettrés juifs appelés des « Réviseurs » par la tradition, se mobilisent pour remanier le texte de la Septante afin de la conformer de celui de l’hébreu. En réalité, dès l’instant où les chrétiens en utilisé à Septante comme texte de référence, le Juifs n’en ont plus voulu.
Au IIIème ap. E.C., sont nés les premières traductions de la Bible en Araméen (suite à l’exil de Babylone) appelées les TARGUMS ou TARGUMIM. Ils comportent beaucoup d’adjonctions/modifications apportés au texte écrit à titre d’explication. Le TARGUM était d’abord de caractère populaire et destiné à la liturgie synagogale soucieux de rendre le texte intelligible.
Entre la fin du IVe et le début du Ve siècle ap. E.C. est rédigée la VULGATE. Elle désigne la version latine de la Bible, traduite par saint Jérôme, directement depuis le texte hébreu pour la partie concernant l'Ancien Testament. En ceci, elle s’oppose à la Vetus Latina (« vieille bible latine »), traduite au IIème siècle ap. E.C. du grec de la Septante. Le fait de puiser directement aux sources judaïques lui donne aux yeux des chrétiens latins, un « plus ». Force est de constater, cependant, que la différence entre la Vetus Latina et la Vulgata est relativement cosmétique, essentiellement stylistique.
Au VIIIème siècle ap. E.C., un groupe connu sous le nom de Karaïtes s’insurgea contre cette tendance. Défenseurs de l’étude individuelle des Écritures, ces hommes rejetaient l’autorité et les interprétations rabbiniques, ainsi que le Talmud. Pour eux, seul le texte biblique faisait autorité. Cette position accrut le besoin d’une transmission fidèle du texte, et l’étude massorétique y trouva un nouveau souffle.
Le texte massorétique du Tanakh n'a été fixé définitivement que vers le Xe siècle ap. E.C. Dans cette optique (contestée par les juifs orthodoxes, pour lesquels le texte n'a jamais varié), il est plausible que les ressemblances entre le texte de la Septante soient liées à la ressemblance entre les versions hébraïques utilisées au début de l'ère commune par les juifs, la version massorétique actuelle s'en étant quelque peu éloigné par la suite. Dans cette dernière hypothèse, qui n'est pas prouvée, la Septante serait donc plus fidèle aux versions du pentateuque telles qu'elles existaient chez les juifs il y a deux mille ans, du moins pour les divergences les plus superficielles (divergence sans implication théologique importante)


Ce simple survole des textes constituant la Bible et de son histoire nous fait déjà comprendre d’une part qu’ils ont une histoire très complexe, et d’autre part qu’ils n’ont pas tous la même importance pour la Tradition. C’est bien la Torah qui est la partie essentielle pour l’élaboration ultérieure de la Loi, de la Halakhah.
Le texte que nous utilisons est finalement assez récent (montrer BHS). Les premiers manuscrits massorétiques complets, c’est-à-dire ceux avec les signes de cantillation et les voyelles remontent au Xe siècle de notre ère seulement. Il y a un hiatus de plusieurs siècles qui s’explique d’ailleurs assez difficilement.
Mais en 1947, une découverte importante d’un lot de manuscrits bibliques, non vocalisés ceux-là, a été faite à Qoumran au bord de la Mer morte. Cette découverte majeure a permis de remonter de près de mille ans en arrière puisqu’on a trouvé dans les 11 grottes concernées des textes remontant pour certains au IIIe siècle avant notre ère, et les plus récents datant de 68 de notre ère, date de la destruction de l’établissement de Qoumran par les Romains.

L’origine du texte biblique se perd dans les brumes de la plus haute antiquité. En réalité, nous ne savons presque rien de cette origine. Tout ce qu’on peut affirmer, c’est que des récits ont été transmis de bouche à oreille comme c’était le cas habituellement dans l’antiquité. Les Hébreux, peuple nomade, avaient une histoire faite de récits, de mythes, de légendes qui se transmettaient le soir au coin du feu. Certaines histoires venaient du nord du pays, d’autres du sud.
Certaines émanaient de groupes distincts, et les textes ont gardé des traces de ces différentes origines. C’était une civilisation de l’oral.
Il faut attendre les débuts de la monarchie en Israël pour que se développe une caste d’hommes lettrés, des scribes, qui vont mettre par écrit les récits fondateurs d’Israël, les annales royales, puis des textes historiques plus larges et toute une littérature riche et variée que l’on retrouve dans la Bible qui a donné aux Israélites une histoire. Cette première période qui voit la mise en place d’une production littéraire va de l’époque royale jusqu’à l’Exil au VIe s siècle avant notre ère. Aujourd’hui, un consensus se dégage dans la recherche pour penser qu’il s’agissait d’un texte unique, issu probablement des groupes gravitant autour du Temple de Jérusalem sous la direction des scribes.
L’Exil a eu une grande influence sur la formation du texte biblique comme la disparition du royaume de Juda sous les coups des Babyloniens. Israël avait déjà disparu en -722, et les forces vives du peuple s’étaient installées en Juda. Des Juifs quittent Eretz Israël et s’installent les uns en Egypte, les autres essaimant dans le pourtour du bassin méditerranéen. Au retour de l’Exil, l’histoire du texte biblique est marquée par deux faits majeurs :

- petit à petit, trois traditions textuelles se distinguent.
- Le Pentateuque est en voie d’achèvement. C’est la première partie de La Bible à trouver sa forme définitive.


Les trois traditions.
J’ai dit plus haut que le texte massorétique le plus ancien remonte au Xe siècle de notre ère. Or, cette Bible en grec (La SEPTANTE) a été traduite sur des textes hébreux plus anciens que ceux dont nous disposons aujourd’hui. Donc, par la pratique de la rétroversion – retraduction du grec vers l’hébreu-, on peut avoir accès à un état plus ancien du texte biblique.

A partir du IVe siècle avant notre ère, une partie des habitants du nord qui ne sont pas partis en exil se détachent petit à petit du tronc central du judaïsme et finissent par être rejetés par les rabbins comme schismatiques : les Samaritains. Il en existe aujourd’hui encore quelques centaines près de Tel Aviv. Ils reconnaissent l’autorité de la Loi écrite – la Torah-, mais non celle de la Loi orale – le Talmud-. Ce qui est intéressant pour l’histoire de la Bible, c’est leur propre version de la Torah, celle qu’on appelle le Pentateuque samaritain. D’une manière générale, les très nombreuses divergences qu’on y trouve reflètent les conceptions religieuses des Samaritains.

Les massorètes ont édité leur travail à partir du VIIIe siècle de notre ère et ils ont travaillé sur le texte central qu’on a appelé en référence à eux le proto-massorétique ou pré-massorétique. Ils avaient en main un Texte Biblique dont ils connaissaient la lecture correcte par la tradition (la massora) qu’ils avaient eux-mêmes reçue des générations précédentes. Ils ont décidé de la transmettre aux générations futures.


Il y a donc eu trois courants littéraires principaux organiquement liés par une origine textuelle commune. Cela m’amène au point suivant qui est aussi important pour notre compréhension de l’histoire du texte biclique : la formation du Pentateuque / Tanakh’.

L’enseignement traditionnel était que la Torah (ici au sens des 5 premiers livres) avait été écrite directement par Moïse. Mais cette paternité mosaïque a été remise en cause surtout à partir du XIXe siècle lorsqu’on a commencé à étudier de manière critique la Bible. Les premiers critiques ont remarqué les différents noms de Dieu (YHWH, Elohim, El-Shaddaï etc.), ils ont lu des récits parfois contradictoires (la première contradiction est le récit de la mort de Moïse qui serait décrite par lui-même), ou encore différents styles littéraires. Puis le texte lui-même a été analysé au point qu’on a trouvé différents auteurs et différents éditeurs qui ont donné naissance à la Torah que nous connaissons aujourd’hui.
Quatre sources, ou documents, appelés J, E, P et D qui ont été combinés au Ve siècle avant notre ère pour donner naissance à un seul texte qui ensuite a été canonisé, c’est-à-dire déclaré saint.
J, le Jahwiste,
E, l’Elohiste
D, le deutéronomiste
P (= Priesterschrift), l’auteur sacerdotal


Le consensus est large sur cette partition. Par contre, les problèmes commencent lorsqu’on essaye de mettre ces documents en interactivité : lequel est le premier ? Lequel a combiné les autres ? Jusque dans les années 70, on pensait que le rédacteur P était aussi l’éditeur final du texte ; il aurait accompli cette œuvre au retour de l’Exil, lorsqu’il Israël n’avait plus d’Etat et que le pouvoir sacerdotal était au centre de la vie du peuple juif avec notamment des questions comme la pureté ou l’impureté. Cette construction est logique et colle à l’histoire, mais elle a été remise en cause comme trop globalisante, et on revient aujourd’hui à des positions plus humbles en remarquant que le Pentateuque est un ensemble de fragments de textes qui, mis bout à bout, ont formé un seul texte et ont créé une tradition. Je crois qu’il est difficile d’en dire plus aujourd’hui.


Le dernier point que je voudrais aborder avec vous est la mise en forme finale du Texte Biblique. Je viens de dire que le Pentateuque est formé en gros au IVe siècle avant notre ère. Les autres textes vont intégrer le canon plus tard. La division de la Bible en trois groupes de textes est attestée dès le IIe siècle avant notre ère dans le prologue d’un texte deutérocanonique qui s’appelle le Siracide. On parle alors de « la Loi, les Prophètes et les autres écrits ». On en a déduit qu’à ce moment-là, les deux premières parties étaient fixées et que la 3e fluctuait encore. Les derniers textes intégrés dans le canon l’ont probablement été au tournant de notre ère.
Il s’est passé un événement essentiel à ce moment-là. La première révolte juive a abouti à la destruction du Temple de Jérusalem en 70 et à la fin du culte sacrificiel. Les sages de l’époque, qui ne sont pas encore des rabbins se sont réunis à Yavné et ont décidé que désormais la vie spirituelle du peuple juif allait être basée sur la Torah. Par conséquent, il fallait un texte fixe, définitif. C’est ainsi probablement que le canon biblique a été justifié et que les textes qui allaient en être constitutifs ont été définitivement choisis. C’est le début du judaïsme. Au IIe siècle de notre ère, la Mishna est élaborée sur ce texte canonique, puis les deux Talmuds et toute la littérature rabbinique. Les rabbins dont l’influence est croissante à partir des II-IIIe siècles de notre ère vont élaborer les règles du judaïsme à partir de ce texte biblique dont on voit les premières traces à Qoumran et dans la littérature rabbinique. Le premier texte complet, comme je le disais en introduction date du Moyen Age.

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